Les médias en parlent

Serengo – Savez-vous parler émoticônes ?

8 avril 2017

Retrouvez l’article sur Serengo :

https://www.serengo.net/notre-epoque/savez-vous-parler-emoticones/

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https://www.serengo.net/notre-epoque/savez-vous-parler-emoticones/

Savez-vous parler émoticônes ?

Par Florence Le Mehauté

Gare au péril jaune ! Les émoticônes prolifèrent sur les écrans d’ordinateurs et de smartphones. Ils ne sont pas aussi futiles qu’ils en ont l’air.

C’est une véritable invasion. Leurs sourires, grimaces ou éclairs ponctuent les textos, mails et tweets. A la télévision, ils remplacent les visages des clients d’une célèbre chaîne de fast-food dans sa nouvelle campagne publicitaire. Certains enseignants les utilisent même pour évaluer les devoirs de leurs élèves, à la place des traditionnelles notes. Qui sont-ils ? Les émoticônes ! Une grande famille qui se divise en deux branches : les smileys, ces visages jaunes exprimant diverses émotions ; et les emojis, ces pictogrammes qui représentent toute une myriade d’activités, d’animaux, d’objets… Les ados en raffolent. Impossible pour eux de pianoter « je t’aime » sur leur téléphone portable sans l’assortir d’une ribambelle de cœurs, ou de faire un trait d’humour sans ajouter un sourire avec un clin d’œil. Et on va bientôt tous s’y mettre, car les émoticônes pourraient bien s’installer de manière durable dans nos écrits.

Émoticônes, du rire et de l’ironie
A quoi servent-ils ? Déjà, à lever une éventuelle ambiguïté. Scott Falhmann, un chercheur en informatique américain considéré comme le père des smileys, a gratifié dès le début des années 80 de 🙂 les des messages qu’il envoyait à ses collègues. Objectif : leur signifier de manière rapide qu’il s’agissait de blagues. Nos ados les ont adoptés, dès l’essor de la messagerie instantanée MSN dans les années 90, pour les mêmes raisons. En plus d’être « fun », ces symboles apportent de l’émotion dans des sms et mails parfois un peu froids. « Ce sont les smileys les plus basiques (sourire, tristesse, joie…) qui se rapprochent le mieux de l’intonation et des mimiques de l’oral, explique Michel Marcoccia, chercheur en sciences du langage et enseignant à l’Université de Technologie de Troyes. Ils pallient une insuffisance de l’information écrite. » Ils précisent ainsi l’intention, introduisent de l’ironie ou adoucissent une critique. « Il fait beau aujourd’hui » n’aura pas la même signification s’il s’accompagne d’un grand sourire (« chouette, on va au parc ? »), d’une moue triste (« mes rosiers manquent d’eau ») ou d’un froncement de sourcils colérique (« M…, je suis clouée au lit »). 

Les émoticônes,  mieux qu’un long discours
La plupart du temps, les émoticônes servent donc de ponctuation et traduisent l’humeur de l’auteur du message. Mais – et c’est surtout vrai pour les emojis – ils peuvent aussi remplacer des mots. En Suède, une association suggère aux enfants battus d’utiliser des symboles pour dénoncer les mauvais traitements qu’ils subissent. Aux États-Unis, il suffit de poster le dessin d’un plat sur le compte Twitter de Fooji, une nouvelle chaîne de restauration, pour se le faire livrer. Alors, sushis ou pizza ce soir ? Difficile de faire plus efficace, même si l’objectif (réussi) était évidemment de faire du buzz. Pour s’amuser, on peut aussi enchaîner les dessins pour raconter une histoire ou formuler une pensée plus sophistiquée. Mais il faut un peu d’entraînement avant d’arriver au niveau de la ministre des Affaires étrangères australienne Julie Bishop, qui a répondu en février uniquement en émoticônes à une interview du site d’information Buzzfeed.

On ne peut pas sourire à n’importe qui
Comme à l’époque de Scott Fahlmann, les smileys s’invitent aujourd’hui jusque dans les mails professionnels. Toutefois, mieux vaut y réfléchir à deux fois avant d’envoyer une demande de congés à son chef accompagnée d’un grand sourire et d’un bikini. « Les émoticônes jouent sur la connivence, assure Thu Trinh Bouvier, auteur de Parlez-vous Pic Speech ? (Le langage des pictogrammes) et responsable des nouveaux médias chez Vivendi. Mais ils peuvent agacer voire paraître très cavaliers. » Bref, on trie ses destinataires sur le volet. Et on s’assure qu’ils parlent bien la même « langue » que nous. En Russie, un soleil ne signifie pas seulement « il fait beau » mais plus spécifiquement « on va à la plage ». Chez nous, quand un adolescent utilise le symbole « plat de nouilles fumantes », cela veut dire qu’il a faim, pas qu’il a envie de pâtes. Pire. D’un logiciel à l’autre, les traductions peuvent prêter à confusion. Tel smiley qui suggère plutôt la grimace et la douleur sur les iPhone ressemble plus à un signe de colère sur les écrans des téléphones Samsung. Autant le savoir, même si on ne peut pas y faire grand-chose…

Émoticônes, on se lance !
Il n’y a pas d’âge pour s’initier. Pour être dans le coup, comprendre les textos de ses petits-enfants. Ou s’amuser, comme Anita, 60 ans, responsable d’une agence de communication dans la mode et la beauté. « Quand j’ai acheté un iPhone, il y a quatre ans, je m’y suis mise pour communiquer avec mes enfants, ma petite-fille, mes copines, confie-t-elle. C’est rigolo, ça égaye les SMS, on peut même faire des frises. » C’est d’autant plus facile que la plupart des smartphones et systèmes de messageries intègrent des catalogues de symboles. Il suffit de cliquer dessus pour les insérer. Et leur usage risque fort de se généraliser. Selon Michel Marcoccia, « les smileys basiques finiront sans doute par rentrer dans les manuels de grammaire, tant ils sont complémentaires de l’écrit. » En revanche, les emojis, plus complexes, ne feront peut-être pas si long feu. « Dès qu’un mode d’expression est repris par les adultes, les jeunes générations trouvent généralement de nouveaux codes pour communiquer entre eux », pronostique Thu Trin Bouvier. Pas besoin d’apprendre par cœur Emojipedia – le grand dictionnaire en ligne des emojis (disponible uniquement en anglais) – donc. Sauf si ça vous fait vraiment plaisir

Les médias en parlent

RTL – « On est fait pour s’entendre » : Les émoticônes sont-ils LE nouveau langage ?

6 septembre 2015
Émission " On est fait pour s'entendre " RTL

Émission  » On est fait pour s’entendre  » RTL

http://www.rtl.fr/culture/tendances/les-emoticones-sont-ils-le-nouveau-langage-7779598016

L’émission de radio quotidienne de Flavie Flament, « On est fait pour s’entendre », décrypte le phénomène des émoticônes

Les émoticônes sont-ils LE nouveau langage ?

Heureux, triste, souriant, en colère, hésitants, malicieux… Une large palette de petits bonshommes jaunes a investi nos ordinateurs, téléphones portables et tablettes tactiles. Si on leur reconnaît une fonction décorative, ces symboles permettent surtout d’illustrer nos émotions dans nos échanges numériques. En parsemer chacun de nos messages, posts Facebook et/ou Tweets peut même aller jusqu’à devenir un véritable réflexe !
Les émoticônes sont-ils donc devenus un véritable langage ? Un dessin est-il plus fort qu’un mot ? Qu’est-ce que cela change dans notre manière de communiquer ? L’effet de mode va-t-il perdurer ? Toutes les réponses à ces questions vous seront données  dans On est fait pour s’entendre et ses invités !

Invités de l’émission :

Nicolas Loufrani, Directeur Général de SmileyWorld ; Thu Trinh-Bouvier, experte de la communication digitale et responsable Nouveaux Médias chez Vivendi ; Stéphane Ribeiro, journaliste et Jean Pruvost, linguiste

>>> Ecouter le replay de l’émission sur le site de RTL

 

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Les médias en parlent

Le magazine ELLE : Réseaux sociaux, parlons-en avec nos ados !

2 août 2015

Retrouvez l’article sur le site web du magazine ELLE :
http://www.elle.fr/Societe/News/Reseaux-sociaux-parlons-en-avec-nos-ados-2971952

Article du magazine ELLE sur les ados et les réseaux sociaux - juillet 2015

Article du magazine ELLE sur les ados et les réseaux sociaux – juillet 2015

En savoir +
http://www.elle.fr/Societe/News/Reseaux-sociaux-parlons-en-avec-nos-ados-2971952

Par Anne Lindivat – article paru dans le magazine ELLE du 24 juillet 2015

Ils ne lâchent pas leurs Smartphone une seconde, est-ce grave ?
Les conseils de Thu Trinh-Bouvier, spécialiste en communication digitale, pour geeker safe.

Facebook

Pourquoi c’est super.  Pour les ados, Facebook est un moyen de rester en contact avec ses amis. Ils l’utilisent pour discuter mais, aussi, pour travailler, partager des cours… C’est également une de leurs principales sources d’infos. Ils adorent commenter ou lire les avis postés par des jeunes de leur âge. Ils participent ainsi à des débats, adhèrent à des groupes fédérés autour de passions communes, et développent leur sens critique.

Ce qu’il faut leur dire. Pour alimenter leur compte, les jeunes se fabriquent souvent une image : ils s’inventent un look, enjolivent leurs vacances… On peut leur expliquer que, si ce double-jeu amuse au début, il peut devenir angoissant, voire déprimant. Et que les amis « Facebook » ou « e-friends », non triés pour gagner en popularité, ne remplacent pas les amis réels, essentiels à l’adolescence. Par ailleurs, tout ce qui peut sembler drôle et anodin, photos de fêtes, messages d’injures… ne s’efface pas en un clic. Ces traces peuvent entacher leur « e-réputation », et les ados risquent de le payer cher au moment de chercher un stage ou un job.

Snapchat

Pourquoi c’est super. C’est un espace de liberté pour les jeunes. Peu importe ce qu’on y raconte, ni comment, pas besoin de soigner son orthographe ni ses photos puisque tout s’autodétruit en quelques secondes ! Parmi leurs posts préférés : l’échange de photos avant, pendant et après une fête, cernes creusés et teint livide.

Ce qu’il faut leur dire. Les photos et messages éphémères peuvent être capturés (les fameux « screenshots »), enregistrés, et republiés. Les ados oublient que leur meilleur ami peut devenir leur pire ennemi, et diffuser photos trash ou secrets inavouables.

Les selfies

Pourquoi c’est super. L’envoi de selfies est un moyen de communiquer, rapide, efficace et drôle : les jeunes expriment leurs émotions ou leur humeur en un sourire ou une grimace. A travers leurs selfies, les ados s’habituent à leur corps qui change, et maîtrisent l’image qu’ils veulent donner d’eux. Si leur portrait ne leur plaît pas, ils le suppriment ou l’améliorent avec des filtres.

Ce qu’il faut leur dire. Basés sur le culte de l’apparence, les selfies développent le narcissisme. On peut expliquer que la publication d’un selfie au réveil ou après leur jogging ne joue pas forcément en leur faveur ! Il est aussi essentiel de dialoguer avec les jeunes filles accros aux selfies, aux likes et aux commentaires qui en découlent. Les rassurer sur leur valeur, leur capital sympathie et leur physique. Car certaines, découragées lorsqu’elles n’atteignent pas leur quota habituel de likes, ou déprimées face aux selfies des top models, s’affament pour maigrir, s’entraînent de façon irraisonnée pour sculpter leur corps, ou songent à la chirurgie esthétique pour améliorer leur apparence.

Les tweets

Pourquoi c’est super. Pour être actif sur Twitter, il faut être malin et dégourdi. Twitter oblige les ados à structurer leur pensée pour la résumer en 140 signes, et à repérer les meilleurs tweets des autres pour les retweeter. Comme Facebook, Twitter est une source d’infos.

Ce qu’il faut leur dire. Sur Twitter, une phrase malheureuse se propage à grande vitesse, à ses abonnés, aux abonnés de ses abonnés… Et les ados ne se font pas de cadeau. Il faut du cran pour encaisser les attaques, et supporter les « subTweets », ces critiques – positives ou négatives – envers une personne dont le pseudo n’est pas mentionné. Avec ce genre de tweet, impossible d’être certain de ne pas être la cible. Il est bon de rappeler qu’envoyer ce type de messages peut être plus cruel qu’on ne le croit.

« Parlez-vous Pic Speech ? », de Thu Trinh-Bouvier, (Editions Kawa).

Article du magazine ELLE sur les ados et les réseaux sociaux - juillet 2015

Article du magazine ELLE sur les ados et les réseaux sociaux – juillet 2015

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