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Les médias en parlent

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Blog de Nicolas Bordas : Et si nous parlions une nouvelle langue ?

16 janvier 2015
Blog de Nicolas Bordas

Blog de Nicolas Bordas

Article du blog de Nicolas Bordas
Vice-Président de TBWA Europe
Président de Being Worldwide
Blogueur et auteur de L’idée qui tue » (Eyrolles 2009)

 

« Retour ce dimanche de notre rubrique dominicale #JourDuPenseur, consacrée aujourd’hui au livre de Thu Trinh-Bouvier « Parlez-vous Pic Speech ? » publié aux Editions Kawa, dont mon ami Alexandre Malsch (fondateur de MeltyGroup) a assuré l’avant-propos, et dont j’ai accepté avec plaisir de rédiger la préface reproduite ci-dessous. Thu Trinh-Bouvier, responsable des nouveaux médias à la Direction de la Communication de VIVENDI est une agitatrice d’idées, une artiste et une chercheuse passionnée par l’image. Son champ d’action est la communication digitale. Responsable Nouveaux Médias à la Direction de Communication & New Business de Vivendi, elle dessine également et mène en parallèle une recherche sur « l’image et les nouveaux usages ».Diplômée des arts déco de Paris (Ensad) et en sociologie, elle fait partie du collectif We love the net, un collectif d’artistes, de designers et de développeurs qui conçoit et réalise des projets artistiques permettant au grand public de s’approprier l’univers du numérique autour des objets connectés. Au moment où Whatsapp, Viber, WeChat, Line et autre Kik prennent une importance de plus en plus grande dans nos modes de communication, nous expérimentons tous chaque jours davantage cette nouvelle langue faite de photos, vidéos, stickers ou émojis, mélangés à nos mots, qui constituent le nouveau langage visuel digital que Thu Trinh-Bouvier propose d’appeler « Pic Speech », une « langue d’engagements identitaires où l’émotion est le moteur créatif ».

Dans le chapitre de mon livre « L’idée qui tue » consacré à la puissance des images, j’ai eu l’occasion de souligner à quel point l’association d’une image à une idée accroît son ancrage mémoriel. Voltaire ne disait pas qu’une idée, « c’est une image qui se peint dans mon cerveau » ? Bien avant que Paris-Match n’en fasse son célèbre slogan : « Le poids des mots, le choc des photos » ! La publicité, dont j’ai fait mon métier, démontre chaque jour que rien n’est plus efficace qu’une idée incarnée par un visuel symbolique. L’image transforme l’idée en représentation sensible, facteur d’adhésion et de propagation. « En profondeur, l’image force et taraude. Elle insiste et résonne », nous dit Régis Debray, célébrant le passage de la logosphère (où l’écrit dominait), à la vidéosphère , où règne l’image.

Dans son livre à la fois instructif et imagé, Thu Trinh Bouvier décode cette nouvelle syntaxe visuelle (mixant photographie, commentaires, Hashtags et autres Emoticones), proposant, en quelque sorte, une sémiologie du langage digital de la nouvelle génération connectée. Un langage beaucoup plus inventif et créatif que certains pourraient le penser.

Le livre de Thu Trinh Bouvier contribue à dépasser les préjugés qui laisseraient penser qu’avec les nouvelles technologies (ordinateurs, tablettes, smartphones, et autres objets connectés), la communication et la langue des jeunes s’appauvrissent. Une critique superficielle qui tend à diaboliser l’usage des réseaux sociaux, et à creuser le fossé entre générations. On a trop vite fait de reprocher aux jeunes de ne plus savoir écrire le français dans leurs textos, de se réfugier dans le virtuel au détriment de la vie réelle, et d’encourir un risque de solitude et d’isolement, seul chacun devant son écran.

 

 

Thu Trinh Bouvier nous montre que le « pic speech », cette langue de l’image développée essentiellement par les jeunes via les réseaux sociaux (Facebook, Twitter …), les sms, les applis mobile orientées images (Instagram, Snapchat, Vine…), et les applis de messagerie instantanée (Whatsapp, Viber, Kik, Wechat, Line …) n’est pas une langue pauvre mais une langue complexe et riche, en perpétuelle évolution. Une langue du métissage culturel, de la mixité et du mixage généralisés, ou les usages et les contenus se conjuguent. Loin d’isoler les membres de la génération du nouveau millénaire, elle leur permet d’intensifier leurs liens au sein de leur communauté, et d’affirmer leur identité à travers des engagements physiques et émotionnels forts.En utilisant les témoignages de jeunes connectés, Thu Trinh Bouvier nous montre également que le « Pic Speech » est un langage ludique et joyeux qui ouvre des possibilités d’expression positives et engageantes, tant au plan identitaire, physique qu’émotionnel. Une langue tribale , mais surtout une langue en mouvement qui accompagne l’émergence d’une génération désormais connectée en permanence, parfois pour le pire, mais souvent et surtout pour le meilleur ! »

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http://www.nicolasbordas.fr/archives_posts/et-si-vous-parliez-couramment-le-pic-speech

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Blog de Henri Kaufman : Parlez-vous le Pic Speech ?

15 janvier 2015

Article publié sur le blog d’Henri Kaufman
Directeur de Collection – Éditions Kawa
Publié le 22 décembre 2014

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http://henrikaufman.typepad.com/et_si_lon_parlait_marketi/2014/12/parlez-vous-le-pic-speech-.html

«  Parlez-vous le Pic Speech ? Oui, le pic speech ? Si vous avez des enfants de la génération Y ou Z (ils sont nés entre les années 80 pour les Y et à partir de 1995 pour les Z), vous avez sûrement vus qu’ils étaient accrochés en permanence à leur téléphone mobile (90% des 18-24 ans en possèdent un), en train d’échanger des textos, des photos, des vidéos bourrées de signes cabalistiques. Pour communiquer entre eux, ils ont tout compris des potentialités offertes par le Web en général et par de nombreuses start up en particulier. Ils communiquent à l’insu de leurs parents qui n’y comprennent que couic lorsqu’ils tombent par hasard sur un message « pic speech » . Le dessinateur Wingz a bien résumé la perplexité des parents quand ils découvrent par hasard cette nouvelle langue étrangère. En première page du quotidien MétroNews, il nous dessine un couple qui doit appartenir à la génération X, voire W ; ils discutent devant l’écran de l’ordinateur de leur fils, resté allumé sur sa page Facebook :

• Madame : sur son profil, Kevin n’arrête pas d’écrire des trucs comme XD ou <3

• Monsieur : il révise sûrement ses maths !

Le livre de Thu Trinh-Bouvier est le premier qui présente et décrypte cette nouvelle langue ludique déclinée dans de nombreuses versions : une « langue globale pour une culture mainstream ». A l’instar de la fameuse pierre de Rosette découverte par Champollion qui nous a permis de comprendre la signification des hiéroglyphes égyptiens plusieurs milliers d’années après qu’ils aient été écrits, Thu nous montre, statistiques et commentaires à l’appui, comment nos ados et post-ados passent leur temps sur les réseaux sociaux à s’envoyer des sms truffés d’émoticons, des selfies, des posts, des snapchats, des vines, des whatsapp, etc. Entre deux envois, ils exercent leur dextérité sur les jeux en ligne, et ils n’oublient pas évidemment de publier leurs photos retouchées sur Instagram ou Pinterest. Ils twittent aussi, et ils commencent à s’envoyer des vidéos hilarantes avec le nouveau Dubsmash qui fait fureur depuis son apparition… Et parfois même, ils travaillent !

Au siècle dernier, les businessmen ont inventé le «globish», une nouvelle langue des affaires truffée d’anglicismes, permettant à quiconque de parler et d’être compris dans une réunion internationale. A leur tour, les générations Y et Z ont inventé une langue à eux – le pic speech – que je pourrais traduire en français par le beaucoup moins chic mais inspiré néanmoins par le langage des oiseaux : le «parlimage».

Le Pic Speech utilise à la fois toutes les ressources galopantes de l’Internet et de l’outil magique désormais indispensable de jour comme de nuit : le smartphone.

Il prend sa source dans des start up – telles Instagram ou Vine – qui à peine écloses se sont offertes à prix d’or, achetées par les géants de l’Internet comme Facebook et Twitter dont l’embonpoint commence à diminuer leurs capacités d’innovation. L’étonnant dans le développement de cette nouvelle langue, c’est que les parents des Y et des Z s’y sont mis aussi… Certes avec moins d’enthousiasme et d’assiduité mais ils y mettent de la bonne volonté… Même Barack Obama s’est mis au selfie avec ses visiteurs étrangers ! La photo, la vidéo, les raccourcis, les nouveaux mots font désormais partie du pic speech. Et aussi les émoticons qui amènent la touche de sensibilité qui manque aux messages forcément bref des tweets ou des sms. Remarquons en passant qu’en ôtant le « c » de émoticons, on trouve quoi ? On trouve … émotion !

Le pic speech entre en même temps dans la publicité grand public avec par exemple Acadomia qui parle du selfie et du mythe de Narcisse dans sa récente campagne de recrutement…

Outre les statistiques sur le développement de cette nouvelle langue qui va intéresser sûrement les marketers à la recherche de clés pour atteindre et parler avec les X et les Y, Thu décrypte le côté sociologique de l’apprentissage du pic speech, beaucoup moins simple qu’il y paraît au premier abord. Elle aborde aussi le délicat problème de la vie privée pour des photos qui circulent sur les réseaux, shootées dans des situations qui risquent d’effrayer un futur employeur.

Merci Thu !  »

Henri Kaufman
Directeur de Collection – Éditions Kawa

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http://henrikaufman.typepad.com/et_si_lon_parlait_marketi/2014/12/parlez-vous-le-pic-speech-.html
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